Chauffage domestique
Flamme verte pour chauffer au bois
Première source d’énergie renouvelable consommée en France, le bois allie atouts environnementaux et économiques. Le succès de cette filière, portée depuis quelques années par des incitations fiscales, passe aujourd’hui par le développement d’appareils de chauffage de nouvelle génération, garantissant de meilleures performances énergétiques tout en préservant encore mieux la qualité de l’air.
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Près de six millions de ménages français se chauffent aujourd’hui au bois – soit la moitié des foyers résidant en habitation individuelle – et consomment environ 50 millions de stères par an. « L’attrait pour ce mode de chauffage est principalement économique, explique Jean-Christophe Pouët, chef du service Bioressources de l’ADEME, le bois est une bonne réponse à la hausse des prix des ressources fossiles. » Crise énergétique, nouvelles préoccupations environnementales et incitations fiscales – crédit d’impôt passant de 15 à 40 puis 50 % – ont donc contribué à booster les ventes d’appareils de chauffage au bois ces dix dernières années : 250 000 unités vendues en 1999, 500 000 en 2009, surtout des poêles et foyers fermés.
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Les équipements labellisés Flamme verte garantissent un rendement énergétique d’au moins 70 %.
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Une filière créatrice d’emplois
« Face aux autres sources d’énergie, le bois présente de nombreux atouts, poursuit Jean-Christophe Pouët, il est considéré comme neutre en termes d’émission de gaz à effet de serre. De plus, son utilisation permet de réduire les importations d’énergie fossiles. Les 50 millions de stères brûlés chaque année en France représentent environ 8 millions de tonnes équivalent pétrole. » Autre point positif, la filière bois est synonyme de nouveaux emplois : bûcheronnage, conditionnement, fabrication, vente et entretien des équipements de chauffage… Près de 60 000 personnes vivent aujourd’hui des activités liées à ce secteur qui contribue directement à la lutte contre le réchauffement climatique. Malgré toutes ces qualités, le bois n’échappe pas aux lois de la chimie. Sa combustion dégage de l’oxyde d’azote, du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, des hydrocarbures imbrûlés, et surtout des particules de poussières nuisibles à la santé et à la qualité de l’air.
Le phénomène est d’autant plus vrai lorsque le bois est de mauvaise qualité (humide, souillé lorsqu’il est issu de la récupération…) et brûlé dans de mauvaises conditions, avec des équipements obsolètes.
Favoriser la recherche et le développement
« Le développement du bois-énergie doit donc être conjoint à l’amélioration de la qualité de l’air », souligne le chef du service Bioressources de l’ADEME. Le label Flamme verte, créé par l’ADEME avec l’appui du Syndicat des énergies renouvelables et le Groupement des fabricants de matériels de chauffage central, a marqué une étape essentielle pour la mise sur le marché d’équipements (poêles, inserts et foyers fermés) garantissant un rendement énergétique d’au moins 70 % avec un taux de monoxyde de carbone inférieur à 0,3 %. « La mise en place de ce label a incité les fabricants à aller de l’avant dans la recherche et le développement. En contrepartie, l’ADEME a assuré la promotion de ces appareils moins polluants », indique Jean-Christophe Pouët.
Remplacer le parc existant
Promotion et incitation, puisque les acheteurs d’appareils respectant le label Flamme verte ont bénéficié de crédit d’impôt allant jusqu’à 50 %. Le renouvellement des appareils anciens et polluants reste cependant trop lent. Sur un principe similaire à celui de la prime à la casse pour les automobiles, le dispositif fiscal 2010 prévoit donc un crédit d’impôt de 40 % pour le renouvellement d’équipement et de 25 % pour un premier achat. Au travers des appels à projets lancés depuis 2005, l’ADEME encourage par ailleurs les PME du secteur à développer des recherches communes, en collaboration avec des laboratoires universitaires, afin de développer des solutions innovantes pour diminuer les émissions polluantes tout en améliorant la qualité de combustion. « L’appel à projets BIP – Bioressources, industries et performances –, clôturé fin janvier, va apporter de nouvelles réponses technologiques, soutenues financièrement par l’Agence », conclut Jean-Christophe Pouët. Solutions qui permettront certainement de contribuer aux objectifs du Grenelle de l’environnement à l’horizon 2020 : 9 millions de ménages devraient alors être équipés d’appareils à bois moins polluants, chauffant mieux, et plus longtemps.
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