rayon frais plein dans un supermarché
L’analyse du cycle de vie des produits agricoles permet de mesurer les impacts liés à la production et d’identifier les postes à améliorer.

   
  Planète, l'heure du bilan

 
 

Développée par l’Établissement national d’enseignement supérieur agronomique de Dijon (Enesad), Solagro, association spécialisée dans la réalisation d’écobilans et d’études sur les énergies renouvelables, et des groupes d’agriculteurs, Planète est une méthode pour l’analyse énergétique de l’exploitation. « Cet outil permet de réaliser des diagnostics sur un mode similaire aux ACV, mais en prenant en compte seulement deux critères : l’énergie et les gaz à effet de serre », explique Jérôme Mousset, ingénieur à la direction Clients de l’ADEME.
La synthèse menée par l’ADEME et Solagro sur plus de 950 diagnostics réalisés en 2007 a révélé des écarts
de 1 à 4 sur les consommations d’énergie. Les perspectives de progrès sont donc importantes ! Sur un principe identique à Planète, l’Agence travaille actuellement avec ses partenaires agricoles à la mise au point d’un outil commun, incluant notamment le stockage de carbone dans les sols… Mais avant sa mise à disposition, les diagnostics énergétiques sont à poursuivre avec les outils disponibles comme Planète !
Contact audrey.trevisiol@ademe.fr

Pour en savoir plus :

www.ademe.fr
Le contexte du monde agricole actuel,
les différents outils proposés par l’Agence, les publications, manifestations,
exemples à suivre.

www.ademe.fr/ademe-et-vous
Le dossier d’ADEME & Vous n° 3 consacré à l’agriculture face à ses nouveaux enjeux, le programme d’actions globales de l’Agence, ses partenaires.

www.ademe.fr/manifestations
archives 2008 > 2 octobre 2008
Le colloque « Connaissance des impacts environnementaux des productions agricoles : quel est l’apport des études ACV  ? », organisé par l’ADEME le 2 octobre 2008.


 
 

MESURER L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Questions de méthode

En plein essor dans le monde agricole, l’analyse du cycle de vie (ACV) des produits se pratique de diverses manières. L’ADEME a récemment lancé une étude bibliographique des ACV de produits agricoles afin de mettre en lumière les atouts et limites de cette méthode qui s’inscrit dans une vaste gamme d’outils d’évaluation. Explications.

À la croisée de multiples enjeux environnementaux – défis climatique et énergétique, préservation des sols, gestion de l’eau, des déchets et de la biodiversité –, l’agriculture doit engager une véritable « révolution verte » pour assurer la sécurité alimentaire d’une population en augmentation constante tout en limitant ses impacts sur la planète, notamment les émissions de gaz à effet de serre.
En France, l’agriculture est à l’origine de 19 % des émissions globales de GES.
« Les émissions de GES sont cependant à la baisse en raison de la diminution du cheptel et de l’amélioration des pratiques agricoles », souligne Jérôme Mousset, ingénieur à la direction Clients à l’ADEME, où l’on observe une demande croissante d’informations sur les impacts environnementaux des productions agricoles.
Cette demande, formulée par différents acteurs – exploitants, entreprises agroalimentaires, collectivités locales, distributeurs et consommateurs –, a conduit l’Agence à lancer une étude bibliographique sur les analyses de cycle de vie des produits agricoles.
En complément des méthodes d’évaluation environnementale développées par l’ADEME (lire ci-dessous), l’ACV permet de mesurer les impacts liés à la production et d’identifier les postes à améliorer en priorité.

Identifier les priorités
« L’objectif de l’analyse bibliographique des ACV était d’avoir une vue d’ensemble sur les principales études disponibles, de déterminer les atouts et limites de la méthode utilisée sur les produits agricoles et de faire des propositions de développement », rappelle Jérôme Mousset. Lancée fin 2007, cette initiative, menée avec l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie et les chambres d’agriculture, a porté sur l’ACV de 17 produits dont le lait, le bœuf, le porc, le mouton, la volaille, les œufs… Toutes ces productions ont été analysées en prenant en compte cinq critères environnementaux : l’énergie, l’impact sur l’effet de serre, le potentiel d’acidification, l’eutrophisation et l’occupation des sols. Les résultats de cette synthèse bibliographique ont été présentés début octobre 2008.

Comparer les performances
L’analyse souligne des écarts importants entre les études prises en compte, écarts engendrés par des choix méthodologiques différents pour mener les ACV et par la diversité des systèmes de production agricole. « Les écarts de résultats liés à la diversité des modes de production mettent en évidence des marges de progrès pour les exploitations agricoles. Ils montrent la pertinence des analyses de cycle de vie pour identifier des voies d'amélioration », explique Jérôme Mousset. La méthode ACV s’avère également très efficace pour évaluer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre sur les étapes de production, et ainsi engager des actions d’amélioration. Par ailleurs, l’analyse globale sur l’ensemble des processus d’une filière est particulièrement appropriée pour prioriser les enjeux, et, par exemple, comparer l’impact du transport avec les autres paramètres de production, ou encore pour répondre à l’objectif d’affichage environnemental des produits de grande consommation (voir ADEME & vous n° 18). Enfin, l’ACV, dans le cadre d’une recherche appliquée, permet de comparer la performance environnementale de différents modes de production.

Faire progresser la méthode
La méthode comporte aussi des limites. Elle ne prend pas ou peu en compte certains facteurs comme la biodiversité, le stockage de carbone dans les sols, l’écotoxicité liée à l’utilisation de pesticides. « De plus, les problèmes de gestion de l'espace agricole sont difficiles à prendre en compte dans une ACV produit. À titre d'exemple, la sensibilité des milieux naturels, l'organisation spatiale des productions ou les effets indirects d'une production (déforestation...) sont difficiles à intégrer dans ces analyses. Ces aspects nécessitent l'utilisation de méthodes plus intégrées utilisables à l'échelle des territoires », commente Jérôme Mousset.
La communauté scientifique travaille à des améliorations méthodologiques. L’ADEME, qui souhaite également accompagner le développement de l’ACV avec des organismes agricoles, des industries agroalimentaires et la distribution, a tracé quelques pistes.
Le premier objectif consiste à harmoniser les méthodes ACV des produits agricoles et l’acquisition des données dans un cadre adapté aux différentes productions agricoles. Deuxième axe de travail : la création d’une base de données publique qui pourrait affiner les connaissances, identifier les modes de production les plus performants et contribuer à la mise en place d’un affichage environnemental. « L’ACV est un outil très pertinent, mais il ne peut répondre à toutes les interrogations, conclut Jérôme Mousset. Seule la combinaison de diverses méthodes adaptées à différentes échelles permettra d’aborder la complexité des systèmes de production agricole… et de répondre à la diversité des demandes. »

Chiffres Clés

 
Un ensemble d'outils complémentaires

 
 

En collaboration avec différents partenaires (chambres d’agriculture, instituts techniques, Cuma, Inra, Civam…), l’ADEME contribue au développement d’outils d’évaluation environnementale portant sur l’énergie et les gaz à effet de serre. L’Agence participe à la mise en œuvre concrète de ces méthodes à 4 niveaux :
• les ateliers de production (diagnostic énergétique des bâtiments, des tracteurs…),
• les exploitations agricoles (système de management environnemental, méthode Pour l’analyse énergétique de l’exploitation – Planète)
• les filières (analyse du cycle de vie),
• et les territoires pour lesquels elle intervient dans le cadre de plans Climat.
Ces déclinaisons de principes de l’ACV à diverses échelles répondent aux besoins des agriculteurs, des industries agroalimentaires, des chambres d’agriculture, des collectivités locales ou de l’État. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale de partenariat déployée par l’ADEME auprès du monde agricole, privilégiant l’efficacité énergétique, la valorisation énergétique de la biomasse, la gestion des déchets et des effluents.