| Les
démarches d'éco-conception peuvent être
exhaustives ou sélectives. Dans le premier cas,
tout le cycle de vie et tous les impacts environnementaux
sont pris en compte. Dans le second, la démarche
ne s'attache qu'à un ou quelques problèmes
environnementaux préalablement identifiés,
en s'assurant toutefois que les pistes d'amélioration
proposées n'aggravent pas d'autres impacts.
Des outils d'évaluation environnementale
Toute démarche, qu'elle soit exhaustive ou sélective,
fait appel à une ou plusieurs évaluations
environnementales, qui portent sur la comparaison des
différentes alternatives d'éco-conception
du point de vue de leurs impacts sur l'environnement.
En matière d'évaluation environnementale,
l'Analyse du Cycle de Vie - ACV -
constitue l'outil le plus abouti d'évaluation
globale et multicritère des impacts environnementaux
d'un produit sur l'ensemble de son cycle de vie.
Il est normalisé par les normes de la série
ISO 14 040.
Des approches adaptées à chaque
cas
Aux côtés de l'ACV, d'autres
approches, de la plus simple à la plus élaborée,
se sont développées en fonction du secteur
de l'entreprise et sont adaptées aux différents
cas : brochures décrivant les principes de base
et les objectifs de la démarche, check-lists
thématiques destinées à guider
la réflexion, à proposer et hiérarchiser
les points cruciaux d'amélioration en fonction
des impacts induits à chaque étape du
cycle de vie et du service rendu par le produit…
Des outils informatiques existent également,
tels que des logiciels spécifiques calculant
les gains et pertes générés par
telle ou telle modification. Mais ce type d'outil
informatisé ne peut être développé
que pour des produits conçus à partir
d'éléments standardisés qui
ont eux-mêmes fait l'objet d'évaluations
environnementales poussées. C'est le cas dans
le secteur de l'électronique où le logiciel
EIME, mis au point avec le soutien de l'ADEME,
permet d'obtenir sous forme de graphique un profil
environnemental du produit en cours de conception, en
le comparant à un autre produit grâce à
11 indicateurs d'impacts. De même, la Fédération
de la plasturgie a développé une méthodologie
et des outils à destination des équipementiers
de l'automobile (programme EDIT).
Associer toutes les compétences
Pour guider la démarche et aider l'entreprise
qui fait appel à un prestataire de conseil en
éco-conception, l'ADEME a réalisé
un cahier des charges “diagnostic management environnemental
approche produit”. Celui-ci précise les
modalités et le contenu de l'intervention
du prestataire. Il montre les points de passage obligés
de la démarche et l'intérêt du développement
des compétences propres de l'entreprise,
les “personnes ressources”.
« L'association à la démarche
d'éco-conception des différentes
compétences de l'entreprise (production,
R&D, environnement, commercial, marketing, finances)
le plus en amont possible est un gage de réussite.
Le travail en équipe est en effet source de nouvelles
idées, de nouvelles synergies »,
précise Myriam Puaut, du département éco-conception
et consommation durable de l'ADEME. L'expérience
montre également l'intérêt
de tester la démarche sur un ou quelques produits
avant de l'étendre à l'ensemble
de la gamme, afin que les différents acteurs
de l'entreprise se l'approprient et la maîtrisent.
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Des
filtres qui rendent les avions plus
légers et moins gourmands |
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| ©
Sofrance / ADEME |
Filiale de la SNECMA, Sofrance fabrique
des cartouches filtrantes destinées
à l'équipement
des avions. Parallèlement à
une recherche menée sur la
fin de vie de ces cartouches destinée
à les rendre plus faciles à
éliminer, l'entreprise,
dans le cadre du programme management
environnemental de la Région
Limousin et de l'ADEME, a mis en œuvre
une démarche d'éco-conception
avec l'ENSAM de Chambéry
et un cabinet conseil. Les résultats
de l'analyse du cycle de vie de la
cartouche filtrante ont révélé
que 95 % des nuisances induites
par les cartouches l'étaient
pendant leur utilisation en vol, en
particulier du fait que la consommation
de kérosène est proportionnelle
à la masse embarquée.
La conception du produit a été
totalement repensée pour diviser
par deux la masse des cartouches,
le nouveau produit étant également
incinérable. « Non
seulement les impacts du produit sur
l'environnement ont été
réduits, indique Stéphane
Delautrette, de la délégation
Limousin de l'ADEME, mais l'avantage
pour les compagnies aériennes
est considérable. 1 kg en moins
sur un avion représente en
effet 300 litres de carburant économisés
par an ». Ce projet
a très vite reçu le
soutien d'importants clients de Sofrance
: ainsi, un filtre est en cours de
qualification en vue d'équiper
le futur gros porteur européen,
l'Airbus A 380. |
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