| « La
ventilation, qui représente une très faible
part de l’investissement immobilier (moins de
1 %), est une affaire de spécialistes et il faut
lui accorder toute l’attention
qu’elle mérite », affirme Marie-Claude
Lemaire. Par exemple, un test sur 6 bâtiments
du tertiaire, mené par l’ADEME selon la
méthode suédoise de contrôle de
la qualité des installations, a permis de constater
de nombreux défauts sur les installations existantes
: entretien insuffisant, usure prématurée
de certains composants, mauvaise conception, débits
inadaptés, ventilateurs en panne…
Cependant les choses changent : la nouvelle réglementation
du bâtiment en vigueur depuis le 1er juillet 2001
prend davantage en compte les questions de ventilation.
Elle a mis en place des exigences sur l’étanchéité
des réseaux, la consommation des ventilateurs,
la modulation des débits… L’appel
à projets lancé en 2002 par l’ADEME
pour préparer la nouvelle génération
de bâtiments plus performants illustre cette préoccupation
puisque sur 40 projets retenus, 11 concernent la ventilation
et la qualité de l’air intérieur.
En France, depuis 1999, la qualité de l’air
intérieur est prise en compte dans tous les “programmes
énergie”, qu’il s’agisse du
plan national de lutte contre le changement climatique,
du programme national d’amélioration de
l’efficacité énergétique
ou du plan national habitat – construction développement
durable.
Des systèmes dont aucun élément
ne peut être négligé
De nombreux points concourent à l’optimisation
de la ventilation : la conception du système
(choix et implantation des composants, calculs des
débits…), la qualité de l’installation
(en particulier l’attention portée à
l’étanchéité), la maintenance
mais aussi le comportement des occupants. Il suffit
d’un seul point défaillant pour affecter
les performances de l’ensemble.
Phase importante de la conception, le diagnostic énergétique
permet notamment d’examiner le système
de ventilation, l’étanchéité
des réseaux et la perméabilité
de l’air des parois.
Les installations doivent être mises en œuvre
dans les meilleures conditions, ce qui implique un
effort particulier de formation vis-à-vis des
installateurs.
Des procédés qui ajustent les débits
de ventilation aux besoins réels
Les fabricants travaillent également au développement
de techniques plus performantes permettant d’ajuster
les débits de ventilation en fonction de l’occupation
réelle de chaque partie du bâtiment. Les
travaux de recherche portent sur plusieurs types de
procédés.
La ventilation naturelle assistée, dite “ventilation
hybride”, vise à compenser le tirage
naturel des conduits de ventilation d’un bâtiment
pour parvenir en permanence au débit de ventilation
recherché. En effet, alors que le tirage naturel
peut être excessif en période froide,
il devient insuffisant lorsque la température
extérieure s’élève. La
ventilation hybride, dont les composants ne se mettent
en marche que lorsque le besoin s’en fait sentir,
permet d’ajuster le flux naturel tout en minimisant
la consommation d’énergie.
La modulation des débits en fonction de l’occupation
réelle des locaux est particulièrement
adaptée aux immeubles tertiaires et aux équipements
collectifs (bureaux, écoles, gymnases…)
dont l’occupation est intermittente. La ventilation
pendant les périodes d’inoccupation constitue
en effet un gaspillage d’énergie d’autant
plus important que le débit est réglé
sur le nombre d’occupants maximum du local,
quand bien même ce nombre est rarement atteint
(cas des salles de réunion).
Deux techniques sont particulièrement développées
dans ce domaine : l’une est basée sur
des détecteurs de présence (comparables
aux détecteurs utilisés dans les systèmes
d’alarme) qui déclenchent et arrêtent
la ventilation en fonction de la présence ou
non d’occupant dans le local équipé.
L’autre détecte et mesure le taux de
C02 dans la pièce, ce qui permet d’ajuster
plus finement la ventilation aux besoins de confort
et de santé des occupants.
Quant à la ventilation double-flux, elle permet
de récupérer la chaleur du flux de ventilation
“sortant” au profit du flux “entrant”,
minimisant ainsi les gaspillages d’énergie
de chauffage.
« La réduction des consommations énergétiques,
tout en respectant les seuils de renouvellement d’air
imposés par les règlements d’hygiène,
nécessite donc d’optimiser très
finement la marche des équipements mais également
la consommation énergétique propre des
systèmes », confirme Marie-Claude Lemaire.
« Ceci implique des efforts importants de R
& D sur des équipements dont le coût
unitaire reste faible. D’où l’importance
de l’accompagnement judicieux des pouvoirs publics
aux travaux engagés par les professionnels afin
d’obtenir les avancées techniques nécessaires.
»
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