Chalon-sur-Saône
Un réseau de chaleur évolutif

Créé au début des années 60, le réseau de chaleur de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) irrigue quelque 13 200 équivalent-logements. Alimenté au charbon à l’origine, il évoluera ensuite vers le fioul puis la cogénération gaz, en 1998. Mais la chaufferie historique sera conservée, et c’est une particularité de ce réseau de disposer de deux sites de production de chaleur. Deux… et même trois, puisque la chaufferie historique, installée sur le site des Aubépins, s’est vu adjoindre une chaufferie au bois qui vient répondre à plusieurs volontés de la ville. En premier lieu, Chalon-sur-Saône est engagée dans un programme européen Privilèges qui vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le choix d’une énergie renouvelable va évidemment dans ce sens. Ensuite, la diversification des sources d’énergie permet de choisir celle dont le cours est le plus bas au moment de l’approvisionnement. Enfin, le choix de l’énergie-bois encourage le développement local par la récupération des déchets de l’industrie du bois, active dans la région. Michel Azière, chargé de mission bioénergie à la délégation régionale Bourgogne de l’ADEME, est intervenu le plus en amont possible pour encourager le choix de l’énergie-bois. «Ce projet a fait appel à des financements de l’ADEME, du conseil régional de Bourgogne et de l’Union européenne à travers le Feder, explique le chargé de mission. Le contact avec la mairie fut d’autant plus facile que la ville de Chalon veille à une évolution en continu de son réseau et de son service pour faire face aux contraintes nouvelles.» Pour le plus grand bénéfice de l’environnement, puisque la chaufferie bois (6 000 tonnes consommées par an) permet d’éviter le rejet de quelque 6 000 tonnes de gaz à effet de serre chaque année.

 

 

 
 


Chevilly-Larue
Le plus grand réseau géothermique d’Europe

Pas moins de 80 km de canalisations, 20 000 équivalent-logements: le réseau de chaleur de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) est tout simplement le plus grand réseau géothermique d’Europe. Une énergie authentiquement naturelle qui permet d’économiser quelque 40 000 tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit
2 tonnes par an et par logement. Le réseau a été mis en service en 1985, moment où l’État, suite au second choc pétrolier, incite les collectivités locales à se lancer dans l’aventure de la géothermie. Entre 1982 et 1986, c’est un total de 44 opérations qui voient le jour en région parisienne. Mais fin 1986, le prix du pétrole s’effondre et remet en question l’intérêt de ces investissements. Une dizaine de réseaux sont abandonnés mais pas celui de Chevilly-Larue qui continue de se développer, avec même une accélération spectaculaire au cours des trois dernières années du fait de la flambée du prix du pétrole. «Les deux centrales de géothermie sont complétées l’hiver par une centrale de cogénération à turbine à gaz», explique Michel Andres, directeur général de la Semhach, société d’économie mixte regroupant les principaux utilisateurs (bailleurs sociaux, Opac, etc.), en charge de l’exploitation du réseau. La géothermie assure 62 % de la production de chaleur, la centrale de cogénération 34 %, et une dizaine de chaufferies gaz secondaires les 4 % restants. «Le financement a un coût avantageux, les préoccupations environnementales, la volonté de la région de développer la géothermie, le soutien de l’ADEME et du conseil général du Val-de-Marne, la TVA réduite, enfin, sont autant de facteurs qui font le succès de ce réseau», reprend Michel Andres. D’autres opérations pourraient bien voir le jour dans le département, très en avance dans le domaine de la géothermie…