L’ADEME en campagne

L’ADEME accompagne les collectivités et les entreprises, avec deux axes d’action prioritaires: la réduction de la consommation des bâtiments et l’intégration des énergies renouvelables. Explications de Pierre Hérant, chef du département Bâtiment et urbanisme à l’ADEME.

Quel est l’enjeu des réglementations?
L’ADEME participe à l’élaboration de référentiels de plus en plus exigeants, dans le cadre donné par la directive européenne de 2002. Pour les constructions neuves, le renforcement de la réglementation thermique, par paliers de 5 ans, vise une amélioration des performances énergétiques d’au moins 40% en 2020 (RT 2020) par rapport à 2000.
À compter de 2007, le parc existant entre également dans le champ réglementaire, en cas de travaux de réhabilitation (bâtiments de plus de 1 000 m2) ou de remplacement de composants ou d’équipements. Obligeant ainsi à «revisiter» périodiquement les performances énergétiques, la réglementation devient une locomotive qui tire l’innovation. Des mesures d’accompagnement contribuent à cette dynamique: mise en place de l’Étiquette énergie; nouveaux labels HPE (haute performance énergétique) et THPE (très haute performance énergétique), labels Énergie renouvelable et label Bâtiment basse consommation distinguant les maîtres d’ouvrage qui vont plus loin que la réglementation; création d’un «bonus» de coefficient d’occupation des sols pour les constructions labellisées ou utilisant les énergies renouvelables…

Soutenez-vous des programmes?
Nous apportons un concours à la réalisation de diagnostics, ainsi qu’aux études de faisabilité de travaux, en privilégiant les projets de bâtiments respectant la démarche HQE, dont les performances énergétiques atteignent les niveaux des labels HPE ou THPE ou qui font appel aux énergies renouvelables. L’ADEME continue parallèlement à promouvoir des opérations pilotes.
S’agissant de l’existant, les Opérations programmées d’amélioration thermique et énergétique des bâtiments (OPATB) associent partenaires publics et privés dans des programmes de réhabilitation des bâtiments résidentiels et tertiaires à l’échelle d’une commune ou d’un groupement de communes. Une quinzaine d’OPATB ont été lancées depuis 2003. En construction neuve, nous soutenons des opérations de démonstration qui intègrent des équipements très innovants ou vont au-delà de l’objectif cible
de 50 kWh/m2. Contrairement à certains pays européens, la France manque encore de réalisations ayant valeur d’exemplarité. Aussi, dans le cadre du Prebat, des appels à projets vont être lancés régionalement pour disposer, d’ici quelques années, de dizaines de «bâtiments démonstrateurs», visitables et reproductibles, se rapprochant progressivement du concept du «bâtiment zéro énergie».

Quelle place pour les énergies renouvelables?
Les intégrer à très grande échelle est une nécessité, c’est pourquoi nous appuyons les démarches qualité des professionnels et le développement des filières et des marchés. Ces énergies servent de fils conducteurs à la réalisation d’opérations exemplaires mais aussi au nouveau programme de bâtiments démonstrateurs. Comme le facteur 4 ne pourra pas être atteint sur l’ensemble du parc existant, il faut, en compensation, qu’une large part des bâtiments neufs deviennent producteurs nets d’énergie grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables.
C’est d’ores et déjà possible, il reste à le montrer.