Performant, Le photovoltaïque se
fond dans le bâti
 
     
  Les énergies renouvelables sont au cœur de la «maison à énergie positive». En particulier l’énergie solaire, la ressource la mieux répartie dans le monde. Dès lors qu’existent des surfaces significatives de toiture, de façade ou de terrasse,
il devient possible d’installer des panneaux photovoltaïques capables de produire davantage d’énergie qu’un bâtiment très performant n’en consomme. Cette technologie devrait devenir plus rapidement rentable, grâce aux progrès réalisés sur les composants des capteurs, et à l’intégration de plus en plus poussée de ces derniers au bâti (les panneaux faisant également fonction d’élément de couverture, de garde-corps, de pare-soleil…).
Pour aider le développement de cette filière, le tarif de rachat a été porté à 55 centimes d’euro le kWh d’électricité photovoltaïque produit par une installation faisant partie intégrante du bâtiment.
 

 

 
Une stratégie pierre à pierre

Pour parvenir au facteur 4, tout un ensemble de mesures apportent leur pierre à l’édifice. Une démarche qui oriente les actions du secteur du bâtiment pour les années à venir.

«Diviser par 4 en 40 ans la consommation énergétique totale du parc français de logements et de bâtiments tertiaires? Le défi n’a techniquement rien d’irréaliste, affirme Pierre Hérant, chef du département Bâtiment et urbanisme à l’ADEME, mais il nécessitera des efforts technologiques, organisationnels et financiers très importants. À la différence du secteur des transports, le bâtiment offre des gisements d’économie multiples.
Les techniques sont connues, et un recours intensif aux énergies renouvelables
est possible.» Objectif: la généralisation d’un nouveau mode de confort avec une enveloppe très fortement isolée, une bonne aération avec récupération d’énergie, un niveau d’éclairage naturel élevé, des équipements à très faible consommation, voire des bâtiments capables de produire leur propre énergie.
«Aujourd’hui, la consommation moyenne annuelle des logements atteint 220 kWh/m2, mais plus de 400 kWh/m2 pour les moins performants. Elle pourra être divisée par 7 ou 8 en construction neuve, mais le taux annuel de renouvellement du parc ne dépasse pas 1%. Parvenir au facteur 4 sur l’ensemble exige donc un effort sans précédent de réhabilitation de l’existant», souligne Pierre Hérant.
L’année 2006 a vu se forger autour de cet objectif un consensus actif, favorisé par la prise de conscience des enjeux du réchauffement climatique.

Une action en 5 volets
La quasi-totalité des acteurs du bâtiment – maîtres d’ouvrage publics ou privés, architectes, bureaux d’études, industriels, entreprises… – inscrivent désormais leur action dans la stratégie coordonnée mise en place par les pouvoirs publics.
Celle-ci comporte 5 volets indissociables.
• Les nouvelles réglementations énergétiques, en relevant progressivement les critères de performance, font disparaître du marché les équipements obsolètes, tout en «poussant» les meilleurs produits disponibles. Renforcée en 2006 pour les bâtiments neufs (RT 2005), la réglementation thermique s’étend en 2007 aux réhabilitations dans l’existant.
• La recherche poursuit son avancée, notamment dans le cadre du Prebat, le Programme national de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans les bâtiments, lancé en 2005.
Les innovations dans les technologies, les produits et les méthodes se multiplient, et elles s’incarnent dans des programmes démonstrateurs de construction ou de réhabilitation
de logements et bâtiments tertiaires à très haute performance énergétique.
• Afin de soutenir l’effort d’investissement très important à la charge des collectivités, des entreprises, et surtout des ménages, la palette d’outils d’accompagnement ne cesse de s’enrichir: aides financières aux programmes d’études ou de travaux, crédit d’impôt dédié au développement durable et aux économies d’énergie, certificats d’économies d’énergie, Livret de développement durable créé début 2007… La plupart des organismes financiers s’apprêtent à lancer de nouvelles offres visant à faciliter la réalisation de travaux.
• Le volet information et communication n’est pas oublié, avec la mise en place du Diagnostic de performance énergétique et de l’Étiquette énergie, rendus obligatoires pour tout bâtiment vendu, et qui le deviendra en 2007 pour tout bâtiment neuf, loué ou recevant du public, tandis que le nombre d’Espaces Info-Énergie va passer de 175 à 350 d’ici 2010.
• Enfin, la mobilisation des professionnels s’intensifie. Des associations (Qualit’EnR, Effinergie…) fédèrent les entreprises et leurs partenaires autour de référentiels de qualité et de performance; des «Centres de ressources sur la qualité environnementale du cadre bâti» vont voir le jour en régions pour apporter expertise et conseils aux maîtres d’ouvrage. Un appui renforcé aux actions de qualification de l’offre et de formation des personnes va accélérer cette mobilisation vers le facteur 4, qui ouvre de formidables voies d’évolution pour les métiers du bâtiment.