Définition
Les déchets d’activités de soins (DAS)
Les déchets d’activités de soins (DAS) sont, d’après l’article R 1335-1 du Code de la santé publique, « les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, curatif ou palliatif, dans les domaines de la médecine humaine et vétérinaire ».
Les DAS regroupent trois catégories de déchets :
les déchets d’activités de soins des établissements de santé, produits par le secteur hospitalier, l’industrie pharmaceutique ainsi que les établissements de recherche et d’enseignement,
les déchets médicaux diffus, produits par le secteur des professionnels en exercice libéral et les laboratoires d’analyses médicales,
les déchets de soins des ménages et des personnes en automédication, produits par toute personne hors intervention d’un professionnel de santé en exercice libéral ou d’un établissement de santé.
Il convient donc de distinguer :
les déchets de soins non contaminés qui peuvent être assimilés aux déchets ménagers,
les Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux (DASRI).
Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI)
Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI), d’après l’article R 1335-1 du Code de la santé publique, sont ceux qui :
soit« présentent un risque infectieux du fait qu’ils contiennent des micro - organismes viables ou leurs toxines, dont on sait ou dont de bonnes raisons laissent croire qu’en raison de leur nature, de leur quantité ou de leur métabolisme, ils causent la maladie chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants »,
soit relèvent de l’une des catégories suivantes :
£2« Matériels et matériaux piquants ou coupants destinés à l’abandon », qu’ils aient été ou non en contact avec un produit biologique,
£2 « Produits sanguins à usage thérapeutique incomplètement utilisés ou arrivés à péremption »,
£2 « Déchets anatomiques humains, correspondant à des fragments humains non aisément identifiables ».
Côté pratique
Comment stocker les DASRI ?
Les DASRI doivent être conditionnés et identifiés correctement pour les différencier des autres déchets.
Ce type de déchets doit être stocké dans des locaux réservés aux déchets et protégés contre les risques de dégradation, de vol, d’intempérie et d’incendie. En outre, ces lieux, ventilés et éclairés, doivent être munis d’une arrivée d’eau avec disconnecteur et d’une évacuation des eaux de lavage vers le réseau d’eaux usées. Les sols et murs doivent être lavés régulièrement. Enfin, les locaux doivent être protégés de la chaleur et interdits aux animaux.
Comment trier les DAS ?
Il convient, d’une part, de distinguer les déchets d’activités de soins (DAS) assimilables aux déchets ménagers et les déchets d’activités de soins à risques.
D’autre part, parmi ces derniers, plusieurs catégories sont rattachées à des filières d’élimination distinctes :
les déchets d’activités de soins à risques infectieux ;
les déchets de soins à risques chimiques et toxiques ;
les déchets d’activités de soins à risques radioactifs ;
les pièces anatomiques.
Outre le fait d’assurer la sécurité des personnes et de respecter les règles d’hygiène, les déchets d’activités de soins à risques ne doivent pas être mélangés aux déchets ménagers. Si tel était le cas, l’ensemble des déchets serait alors considéré comme à risques et devrait alors suivre la filière dédiée.
Qui collecte les DAS ?
Deux grands types de collecte existent :
en apport volontaire vers un point de regroupement des déchets adaptés,
en porte à porte, au cabinet de soins ou sur les sites de production par un prestataire public ou privé.
Des prestataires de services collectent à la fois les DASRI produits par les établissements de santé (hôpitaux et cliniques) et les déchets médicaux diffus produits par les professionnels de santé en exercice libéral.
La collecte des déchets des activités de soins produits par les particuliers en l’absence d’un professionnel de santé est de la responsabilité de la collectivité locale.
Quelles sont les filières de traitement des DAS ?
En France, les déchets d’activités de soins à risques infectieux peuvent être éliminés par incinération ou par désinfection.
L’incinération
Elle peut s’effectuer in situ, en Usine d’incinération d’Ordures Ménagères (UIOM) ou en installation centrale spécialisée :
In situ
Il s’agit de four d’incinération réservé à l’usage d’un établissement de santé et implanté dans son enceinte. Ce type d’incinérateurs tend à disparaître en raison de l’hétérogénéité des DAS à traiter, du fonctionnement discontinu et d’un mauvais entretien des incinérateurs et d’une absence de traitement des fumées.
En UIOM
Les déchets contaminés sont admis en UIOM à condition de respecter :
les prescriptions spécifiques d’aménagement et d’organisation fixées par l’arrêté préfectoral d’autorisation de l’installation.
les prescriptions de l’arrêté du 23 août 1989 portant principalement sur les conditions d’apport, de stockage, de chargement des déchets contaminés et sur les conditions d’exploitation.
En installation centrale spécialisée
Il s’agit d’usine destinée aux seuls DASRI ou d’une unité de traitements des déchets industriels qui utilise sa capacité disponible pour brûler des DASRI.
La désinfection
Les appareils de décontamination doivent être agréés conjointement avant leur installation sur site par les ministères chargés de la santé et de l’environnement, après validation du Conseil Supérieur d’Hygiène Public de France.
Les déchets issus de cette technique sont assimilables aux déchets ménagers et ils peuvent donc être éliminés comme tels. Cette solution est en fait un prétraitement et les DASRI désinfectés peuvent alors être incinérés ou mis en décharge, mais en aucun cas être compostés.
En vertu d’une circulaire du 27 juin 1997, chaque région peut se doter d’un Plan régional d’élimination des déchets d’activités de soins (PREDAS). A défaut, les déchets d’activités de soins doivent être intégrés au Plan régional d’élimination des déchets industriels spéciaux (PREDIS). Les plans sont élaborés conformément aux dispositions du décret n° 96-1009 du 18 novembre 1996. Ils doivent déterminer, après concertation avec les établissements hospitaliers, les choix optimaux de filières d’élimination.
Quelles solutions pour les emballages de médicaments et les médicaments détenus par les ménages ?
Les professionnels de la chaîne du médicament se sont mobilisés et organisés en créant l’association CYCLAMED qui a pour objectif de collecter les médicaments non utilisés ainsi que les emballages, même vides, de médicaments.
Dés leur fin de traitement, les ménages peuvent rapporter chez leur pharmacien, un sac contenant les déchets issus de médicaments.
Un tri est alors réalisé :
les emballages et médicaments périmés sont regroupés dans un carton présentant la mention« à détruire ». Une fois le carton plein, celui-ci est repris par le grossiste répartiteur lors d’un tournée de distribution des médicaments.
les médicaments encore utilisables sont remis aux associations humanitaires partenaires de CYCLAMED.
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