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Usine du futur

Mis à jour le 26/08/2014

Une prise de conscience environnementale et une réorientation de l’appareil productif sont la clé du développement pérenne d'activités de production.

Les études prospectives montrent qu’à l’horizon 2030 le taux de croissance de l’économie française, le nombre d’emplois créés ou encore l’évolution du PIB par habitant se révèlent meilleurs dans les scénarios marqués à la fois par une prise de conscience environnementale et par une réorientation de l’appareil productif. Ces efforts conjoints de compétitivité et sobriété sont bien la clé du développement pérenne d’activités de production.

Prospective énergétique

L’exercice de prospective énergétique mené par l’ADEME en 2012 estime que, d’ici à 2030, l’industrie française pourrait réduire sa consommation d’énergie de 3,3 Mtep par rapport à 2010 (- 9 %) grâce au recyclage et à l’efficacité énergétique. Une part significative de ces gains énergétiques est conditionnée par le déploiement de technologies éprouvées et par celui de l’innovation.

Les gains énergétiques apportés par l’industrie dans ce scénario prospectif s’articulent autour de cinq typologies d’actions concernant l’offre ou la demande énergétique :

  • l’efficacité énergétique avec l’installation de matériels plus performants et optimisation de la conduite des procédés industriels ;
  • le recyclage de matières premières permettant la mise en œuvre de procédés moins énergivores que ceux utilisant les matières première vierges ;
  • la valorisation énergétique ou matière des déchets, qui permettra, via la méthanisation ou l’incinération, d’autoproduire de l’énergie ou de substituer une partie de combustible fossile ;
  • l’intégration des énergies renouvelables dans les procédés industriels ;
  • la substitution de matériaux fossiles par des produits biosourcés avec le développement de la chimie du végétal afin de réduire la consommation de matières premières fossiles non énergétiques.

L’acceptation de ces technologies sera facilitée par des travaux d’innovation réduisant les coûts d’équipement. Les bénéfices macroéconomiques de ces visions 2030-2050 se traduisent par un gain net potentiel d’environ 48 000 emplois dans les secteurs industriels en 2030.

Prospective des ressources

Les ressources naturelles, indispensables au fonctionnement de l’économie européenne et mondiale, sont les principaux intrants des systèmes de production. 65 milliards de tonnes de matières premières (hors biomasse) ont été injectées dans l’économie en 2010 (50 % de plus qu’il y a trente ans) et devraient atteindre 82 milliards de tonnes en 2020.
Or, ces ressources, que ce soient les matières premières (minéraux et métaux), le sol, la biomasse, les produits alimentaires ou l’eau, sont de plus en plus convoitées et utilisées.

La population mondiale devrait augmenter de 30 % d’ici à 2050 et les habitants des pays en développement et des pays émergents vont être amenés à utiliser davantage de ressources naturelles.
Par ailleurs, la prise de conscience de la finitude de ces ressources entraîne une tension importante sur les prix et nécessite une stratégie d’adaptation des entreprises.
Dès lors, toute solution aidant à réduire les besoins et la dépendance de l’industrie en ressources permettra un gain de compétitivité. En d’autres termes, la réalisation d’économies couplée à la réduction de la dépendance  entraînera des bénéfices à la fois opérationnels et stratégiques pour l’industrie.

La solution sera donc bien d’adopter une économie circulaire par l’optimisation de l’usage des ressources. En Europe, l’adoption de cette typologie économique permettrait une économie nette annuelle de 340 à 380 milliards de dollars pour un scénario de transition et de 520 à 630 milliards de dollars par an (3 à 3,9 % du PIB de l’Europe en 2010) pour un scénario « avancé ».

En France, le coût de la gestion des déchets a par ailleurs été évalué à 14 milliards d’euros en 2008, sans compter les coûts cachés de ces déchets, en premier lieu celui de leur production. Les minéraux et les métaux sont, par exemple, utilisés par tous les pans de l’économie. La Commission européenne considère que 14 matériaux seraient en situation critique du fait d’un risque relatif de pénurie.