Nos expertises

Sols et changement climatique

Mis à jour le 24/10/2016

Au niveau mondial, le sol joue des rôles opposés vis-à-vis du changement climatique. Il peut contribuer ou ralentir ce dernier suivant les gaz concernés, les occupations du sol, les types de sols, les pratiques culturales et le climat.

Source ou puits de gaz à effet de serre (GES) ?

Les sols interviennent dans le cycle des trois principaux GES en agissant comme source ou comme puits.

Pour le méthane (CH4), les sources dues au sol sont principalement liées aux zones humides (rizières, marais). Les sols des zones exondées, majoritaires en France, se caractérisent par leur capacité à absorber le méthane. Globalement, les sols de France constituent un puits vis-à-vis de ce gaz.

Pour l’oxyde nitreux (N2O), les sols sont, à l’échelle mondiale, la principale source d’émission (70 %). Ce phénomène est lié à la dénitrification (transformation de l’azote minéral NO3 en gaz N2O) sous l’effet de processus bactériens.

Dans le cas du dioxyde de carbone (CO2), les sols peuvent être une source ou un puits suivant la manière dont ils sont gérés. La matière organique qui retourne au sol est en général dégradée par les organismes du sol. Certains sols stockent plus de carbone que d’autres : 15 à 30 % des stocks mondiaux de carbone dans les sols seraient dans les tourbières, qui sont en déclin dans le monde.

Les sols jouent un rôle majeur dans les cylces biogéochimiques mondiaux du carbone. Ils y représentent le 3ème puits de carbone et en contiennent environ 1 600 milliards de tonnes (jusqu'à un mètre de profondeur) contre 650 pour la végétation.

Le sol contient du carbone sous la forme de matières organiques. Lorque la matière organique est exposée à l'oxygène de l'atmosphère, le carbone qu'elle contient se lie à ce dernier pour former du dioxyde de carbone, CO2, qui contribue à l'effet de serre. Ce phénomène est accéléré par certaines pratiques agricoles. Au niveau mondial, depuis l'avènement de l'agriculture à la préhistoire, on estime les pertes de capacité terrestre de puits à 456 milliards de tonnes de carbone.

Adaptation aux conséquences du changement climatique.

Le sol a la capacité de stocker et de restituer l'eau aux plantes. Avec des sécheresses plus prononcées, l'agriculture et la forêt souffriront des conséquences du changement climatique. le maintien de cette capacité, notamment via le maintien de la matière organique dans les sols, est primordiale pour que les secteurs agricoles et plus encore sylvicoles s'adaptent aux conséquences du changement climatique, sans recourir trop lourdement à l'irrigation, dans un contexte où l'eau pourrait se raréfier dans certaines régions.

 Les pratiques culturales pour augmenter les capacités de stockage de carbone des sols et diminuer les émissions de gaz à effet de serre

Les stocks de carbone des sols agricoles français ont diminué depuis les années 1960, à cause de l’intensification de l’agriculture et du retournement des prairies. Les expertises montrent qu’il est possible d’augmenter le stockage de carbone dans les sols agricoles par :

  • une réduction de la perturbation des sols. La diminution du travail du sol permet de réduire la dégradation de la matière organique et donc le dégagement de CO2 ;
  • une augmentation de l’apport de carbone dans le sol. L’incorporation de matières organiques exogènes (pailles, fumiers, composts) permet d’augmenter les stocks de matière organique du sol.

Les changements d’usage tels que l’implantation de prairies permanentes ou l’afforestation sont également des pistes pour stocker du carbone dans les sols et dans la biomasse.

Une bonne gestion de la matière organique permet également de :

  • améliorer la structure du sol ;
  • réguler les flux d'eau ;
  • limiter l'érosion des sols ;
  • maintenir ou augmenter la fertilité des sols ;
  • accroître sa biodiversité.

Le sol et le protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto adopté par l’Europe prévoit de limiter les émissions de GES et d’augmenter les puits, notamment pour le carbone. Les conférences des parties de Bonn, de Marrakech et de Durban ont inclus la possibilité de comptabiliser les stocks de carbone (notamment dans les sols) liés aux forêts et à l’agriculture.

Sommaire du dossier :