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Le traitement mécano-biologique

Mis à jour le 09/04/2015

Le traitement mécano-biologique (TMB) vise à recycler ou optimiser le traitement des ordures ménagères résiduelles. Il consiste en l’imbrication d’opérations mécaniques (dilacérations et tris) et d’étapes biologiques (compostage, méthanisation).

Les différents objectifs du tri mécano-biologique

Une installation de tri mécano-biologique peut avoir un ou plusieurs des cinq objectifs suivants.

Sur la fraction à haut pouvoir calorifique inférieur du déchet (plastiques, papier, bois non recyclables, ou non captés par des collectes sélectives) :

  • produire de l’énergie sous forme de CSR (combustible solide de récupération).

Sur la fraction fermentescible du déchet (déchets organiques, papier, textiles sanitaires) :

  • produire de l’énergie sous forme de biogaz ;
  • fabriquer du compost ;
  • réduire et stabiliser les déchets avant de les mettre en décharge.

Sur l’ensemble du déchet :

  • extraire des matériaux (métaux, plastiques, papiers-cartons) conformes au cahier des charges des activités de recyclage.

Ces objectifs sont non exclusifs entre eux, mais concurrentiels : les matières plastiques peuvent être traitées selon les voies 1 et 5, les papiers-cartons selon toutes les voies… Des objectifs adaptés et des compromis techniques sont donc à rechercher selon les contraintes et débouchés souhaités localement.
Le TMB est en fort développement en France. Les deux voies privilégiées sont la méthanisation avec apport au sol du digestat composté ou bien la production directe de compost.

En Europe du Nord, où la production de compost à partir d’OMR a été interdite, la plupart des usines sont orientées vers la production de combustibles ou bien vers la stabilisation des matières.

Un TMB ne peut pas fonctionner sans décharge (éventuellement sans incinérateur), car il doit pouvoir évacuer les déchets non traitables (10 % du gisement de déchets) ou les déchets refusés (souvent 40 à 60 % des tonnages en entrée).
 

Qualité du compost : les limites du TMB

La capacité d’un TMB à produire un compost conforme aux exigences réglementaires dépend des performances des collectes sélectives pour capter les indésirables physiques et chimiques.
Les meilleures techniques de tri doivent être utilisées.
Par rapport à un compostage de biodéchets collectés sélectivement, le TMB permet de produire davantage de compost, mais de qualité moindre.
La méthanisation d’ordures ménagères résiduelles est plus coûteuse et moins maîtrisée que le compostage et les risques sur la qualité du compost sont plus élevés.
La pertinence économique de certains TMB peut être compromise si le compost non-conforme doit être éliminé avec les refus du traitement. Or, les exigences réglementaires de qualité des composts seront renforcées à moyen terme.
Avec les règles actuellement en vigueur, de nombreux TMB ne réussissent pas à remplir les objectifs de qualité et de rendement en compost. L’ADEME appelle donc les collectivités à la prudence : le TMB est-il localement la meilleure solution pour les OMR ? Si oui, les exigences et garanties maximales sont-elles alors posées pour le montage juridique des dossiers, la conception du process, la limitation des nuisances et la qualité de l’exploitation ?
En conséquence, l’ADEME a décidé de ne pas apporter de soutien financier aux projets de TMB avec production pour retour au sol de composts ou de digestats issus d’OMR.

La fiche technique jointe en format PDF apporte une vision globale sur les aspects réglementaires, techniques et environnementaux du TMB. Des exemples illustrent ses différents domaines d’application.