- Impacts
Les Polluants Organiques Persistants (POPs) présentent
des effets toxiques sur la santé humaine et sur la faune, et
sont associés à une vaste gamme d'effets nuisibles :
dégradation du système immunitaire, effets sur la reproduction
et sur le développement et propriétés cancérigènes.
De par leur nature persistante, ces molécules présentent
potentiellement la particularité de provoquer des perturbations
par une exposition chronique même à de faibles concentrations.
En outre, de par leur propriété de bioaccumulation,
les impacts sur la faune et la santé humaine peuvent être
observés à proximité mais aussi très loin
des sources d'émission.
- Définition d'un POP
Les POPs (dont le représentant le plus célèbre
est la famille des dioxines
/ furannes) sont des molécules complexes qui, contrairement
aux autres polluants atmosphériques, ne sont pas définies
à partir de leur nature chimique mais à partir de 4
propriétés qui sont les suivantes :
- Toxicité : elles présentent
un ou plusieurs impacts prouvés sur la santé humaine.
- Persistance dans l'environnement
: ce sont des molécules résistantes aux dégradations
biologiques naturelles. Ces molécules se dégradent
de 50 % sur une durée de 7 à 8 ans.
- Bioaccumulation : ce sont des molécules
qui s'accumulent dans les tissus vivants et dont les concentrations
augmentent le long de la chaîne alimentaire.
- Transport longue distance : de
par leurs propriétés de persistance et de bioaccumulation,
ces molécules ont tendance à se déplacer sur
de très longues distances et se déposer loin des lieux
d'émission, typiquement des milieux chauds (à forte
activité humaine) vers les milieux froids (en particulier
l'Arctique).
Plusieurs dizaines de familles de molécules organiques sont
susceptibles de répondre à ces critères. Aujourd'hui,
étant donné l'impact planétaire de ces polluants,
deux textes internationaux récents visent ces polluants (le protocole
d'Aarhus signé en juin 1998 et la convention
de Stockholm signée en mai 2001) et ont établi une
première liste nominative de POPs. Les substances qui font partie
de ces listes se répartissent en trois catégories :
- substances produites non intentionnellement par des activités
humaines ;
- substances issues de la fabrication et de l'utilisation de produits
chimiques ;
- substances issues de l'utilisation de pesticides.
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Catégorie
|
Nom
|
Particularité
|
Production non-intentionnelle
(sous-produit de réaction) |
Dioxines |
Sous-produit de combustion
ou d'autres procédés industriels |
| Furannes |
| Hydrocarbures polycycliques aromatiques
(HAPs) |
| Hexachlorobenzène (HCB) |
Produits chimiques
industriels |
Polychlorobiphényles (PCBs) |
Utilisés comme isolant électrique,
fluide caloporteur, additif dans les peintures et plastiques |
| Hexachlorocyclohexane (HCH) |
Produit intermédiaire de l'industrie
chimique |
| Hexachlorobenzène (HCB) |
Utilisé dans la fabrication
de munitions et de caoutchouc |
| Pesticides |
Hexachlorobenzène (HCB) |
Fongicide |
| Endrine |
Insecticides |
| Aldrine |
| Dieldrine |
| Toxaphène |
| Mirex |
| Chlordane |
| Chlordécone |
| Heptachlore |
| DDT |
| Lindane |
Liste nominative des POPs
- Sources d'émissions de POPs
D'une manière générale, les POPs
proviennent de combustions incomplètes. Certains procédés
industriels mettant en œuvre une étape de combustion (incinération
de déchets, métallurgie, combustion,…) sont donc
des émetteurs potentiels.
Par ailleurs, les sources diffuses, très difficiles à
évaluer et donc rarement mentionnées dans les inventaires
nationaux, sont de plus en plus considérées comme des
sources majeures : incinération de fonds de jardin, combustion
résidentielle, feux de décharge, feux de forêts,
incendies de bâtiments, etc…
D'après l'inventaire du Centre Interprofessionnel Technique
d'Etude de la Pollution Atmosphérique (CITEPA)
couvrant l'année 2001, les sources d'émissions anthropiques
concernant les POPs relevant d'émissions industrielles sont
les suivantes :
- Chiffres clés
L'estimation des émissions de POPs est particulièrement
difficile car ceux-ci sont émis en petites quantités
et parfois de manière diffuse. Pour les POPs issus des émissions
anthropiques, l'inventaire du CITEPA indique les valeurs d'émission
suivantes (2001) :
- Dioxines et furannes : 468 grammes TEQ
par an ;
- HAP : 276 tonnes par an ;
- PCB : 43 kilogrammes par an ;
- HCB : 1 746 kilogrammes par an.
Dans le cas des dioxines/furannes, les émissions ont enregistré
une baisse importante de 75 % depuis 1990, notamment grâce aux
progrès importants dans les secteurs de l'incinération
des déchets et de la métallurgie.

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