Entreprises et monde agricole

Les caractéristiques, les sources et les impacts des poussières et des particules

Mis à jour le 18/06/2014

Les poussières et les particules sont d’autant plus nocives qu’elles peuvent prendre des formes très diverses. Heureusement, il existe différents moyens réglementaires et techniques de réduire efficacement leurs émissions.

Les différents types de poussières et particules

Du fait de la diversité de leur composition chimique, de leur état (solide ou liquide) et de leur taille (caractérisée notamment par leur diamètre), les particules constituent un ensemble très hétérogène. Elles sont différenciées selon leur taille :

  • les particules totales en suspension (appelées PTS ou TSP pour Total Suspended Particulates), qui regroupent l'ensemble des particules quelle que soit leur taille ;
  • les PM10, dont le diamètre est inférieur à 10 µm (microns) ;
  • les PM2,5, dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm. Ces dernières sont nommées particules fines et incluent les particules ultrafines de diamètre inférieur à 0,1 µm, qui relèvent de la problématique des nanoparticules.

Les poussières peuvent être d’origine naturelle (érosion des sols, feux de forêt, etc.) ou anthropique (procédés industriels, combustion, activités agricoles), grosses ou fines, noires (combustion du charbon) ou blanches (cimenteries), issues de sources fixes (cheminées industrielles, chaufferies, bâtiments d’élevage, silos) ou de sources mobiles (circulation automobile, travail du sol).

Des émissions d’origines thermique et mécanique

La plupart des activités industrielles génèrent :

  • des poussières d’origine thermique, issues de combustion ou de procédés thermiques. Elles comprennent, d’une part, les imbrûlés carbonés, qui résultent le plus souvent d’une combustion incomplète, et, d’autre part, les cendres minérales, qui constituent un résidu fatal de combustion ou proviennent de matières premières n’ayant pas réagi. En général, ces poussières sont majoritairement constituées de fractions fines importantes ;
  • des poussières d’origine mécanique (manutention et transport de matériaux pulvérulents, extraction des minéraux, etc), qui sont constituées majoritairement de fractions grossières.

Des effets sur la santé

De par leur composition chimique (métaux toxiques, composés organiques toxiques, etc.) et leur impact visuel, les effets des poussières sur la santé ont été pris en compte par le législateur depuis de nombreuses années. La priorité actuelle porte sur la fraction PM2,5, dont le rôle a été démontré dans certaines atteintes fonctionnelles respiratoires, le déclenchement de crises d'asthme et la hausse du nombre de décès dus à des atteintes cardio-vasculaire ou respiratoire, notamment chez les sujets sensibles.

Capables de pénétrer au plus profond de l'appareil respiratoire, les PM2.5 atteignent les voies aériennes terminales, se déposent par sédimentation ou pénètrent dans le système sanguin. Elles peuvent en outre véhiculer des composés toxiques, allergènes, mutagènes ou cancérigènes, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les métaux lourds.

Comme le précise le deuxième Plan national santé environnement (PNSE 2), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de deux millions de personnes meurent chaque année dans le monde du fait de l'inhalation de particules fines présentes dans l'air intérieur et extérieur. Elle relevait qu'en 2000, l'exposition chronique aux particules fines (PM2,5) était à l'origine d’une perte moyenne d'espérance de vie de 8,2 mois en France. Ces résultats ont été confirmés par le projet européen APHEKOM (2008–2011), un programme d’amélioration des connaissances et de la communication sur la pollution de l'air et la santé en Europe, coordonné par l'Institut de veille sanitaire.

Des effets sur l'environnement

Du point de vue environnemental, les particules en suspension peuvent réduire la visibilité et influencer le climat en absorbant ou en diffusant la lumière. En se déposant, elles salissent et contribuent à la dégradation physique et chimique des matériaux. Les particules, riches en nitrate et sulfates d’ammonium, participent quant à elles à l’eutrophisation et à l’acidification des milieux.

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