Nous connaître

Rafraîchir sans réchauffer la planète

Mis à jour le 22/03/2018

Le développement des équipements de climatisation est en expansion, alors qu'il est démontré que les fluides frigorigènes participent au réchauffement climatique.

La climatisation participe au réchauffement global

En 2012, on estime la surface climatisée dans le secteur tertiaire à près de 7,3 millions de m², dont 3,9 millions dans le neuf et 3,3 dans l’ancien1, avec une concentration dans quelques branches d’activités : bureaux, commerces et établissements de santé. On estime la consommation d’énergie liée à l’usage du froid à 29 TWh dont 16 TWh en climatisation et 13 TWh pour les procédés (commerces, entrepôts frigorifiques, data centers, etc.). Le nombre de résidences principales climatisées (y compris par pompes à chaleur réversibles) était estimé fin 2012 à environ 1 658 000 (+/- 70 000), soit un taux de 4,97 % du parc de résidences principales2.
 
Les fluides frigorigènes contenus dans les équipements de climatisation participent au réchauffement climatique en raison de leur fort Pouvoir de réchauffement global (PRG). Même si ce secteur est fortement règlementé et que l’étanchéité des circuits frigorifiques a fortement évolué, les systèmes de climatisation les laissent échapper dans l’atmosphère en plus ou moins grande quantité (au moment de la charge et fin de vie des appareils notamment). Les émissions globales dues aux fuites de fluides frigorigènes sont estimées dans le monde à 890 millions de tonnes équivalent CO2. En France, ces émissions représentent 18,4 millions de tonnes équivalent CO2, soit près de 4 % des émissions totales du pays.

Par ailleurs, pour fonctionner, les installations de climatisation consomment principalement de l’énergie électrique. Ainsi, 7 % de la consommation finale des bâtiments est liée à l’usage de la climatisation dans les bâtiments tertiaires. Si la consommation électrique liée à la climatisation des locaux industriels reste faible comparativement à la consommation énergétique totale du secteur, elle est cinq fois supérieure dans le secteur résidentiel.
 

Les fluides frigorigènes, en interdiction progressive

Les fluides frigorigènes usuels sont classés en grandes familles. On distingue :
 
  • les Chlorofluorocarbures ou hydrocarbures halogénés (CFC) : R11, R12, R502, etc. ;
  • les Hydrochlorofluocarbures (HCFC) : R22, R123, etc. ;
  • les Hydrofluorocarbures (HFC) : R134a, R404A, R407C, R410A, etc.
Les deux premières catégories qui impactent la couche d’ozone sont aujourd’hui interdites suite au protocole de Montréal signé en 1987.
 
Les fluides frigorigènes ont deux types d’impact sur l’environnement : la destruction de la couche d’ozone et la participation au réchauffement climatique.
 
L’impact sur la couche d’ozone est caractérisé par une grandeur appelée Potentiel de détérioration de la couche d’ozone (PDO) ou Ozone depletion potential (ODP). Il s’agit en fait d’une échelle relative pour laquelle le fluide référence est le R11.

Les fluides contenant du chlore ont des ODP autour de 1. Ceux qui contiennent du brome ont des ODP compris entre 5 et 15. Enfin les HFC ont un ODP nul. C’est pour cela qu’ont été bannis les CFC et les HCFC (principalement R22) pour passer aux HFC.
 
Le second impact environnemental est caractérisé par une grandeur appelée Pouvoir de réchauffement global (PRG) ou Global warming Potential (GWP). Son unité de mesure est la masse équivalente CO2 (c’est-à-dire la quantité de CO2 qui aurait le même impact de réchauffement que 1 kg de ce fluide). « L’outil » retenu dans la Base Carbone® permettant de convertir les émissions d’un GES en CO2 est son PRG (relatif) à 100 ans.
Il s’agit de l’indicateur classique retenu dans la plupart des rapports/traités internationaux. Par exemple 1 kg de HFC R134a émis dans l’atmosphère aura un impact équivalent à 1300 kg de CO2 émis en termes d’aggravation de l’effet de serre.
 
Mettre au point des systèmes de climatisation utilisant des fluides frigorigènes à très faible PRG ou n’utilisant pas de tels gaz représente donc un réel enjeu environnemental.
 
Contact 
Anne Grenier


[1] et [2] Source : « Les installations de climatisation dans les secteurs tertiaire et résidentiel en 2012 », résultats de l’enquête panel climatisation 2012, CEREN, décembre 2014