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Piloter un déploiement équilibré de la bioéconomie à différentes échelles et participer à la transition énergétique

Mis à jour le 05/10/2017

Les travaux de recherche soutenus par l’ADEME ont visé à donner aux décideurs locaux des outils d’aide à la décision et proposer des modes de production ou des valorisation innovants concourant à la transition écologique.

Sol forestier (podzol)
Le développement durable de la bioéconomie exige d’équilibrer les grands enjeux associés au monde du vivant, de préserver les écosystèmes en tenant compte des évolutions climatiques et développer les productions pour répondre aux besoins multiples des hommes (alimentation, matériaux, énergie, etc.) dans un contexte de transition énergétique. Des ambitions renouvelées sont ainsi portées par l’appel à projets de recherche GRAINE pour donner aux décideurs les moyens de piloter le déploiement équilibré de la bioéconomie à différentes échelles de territoire (national, régional, infra-régional).
 

Piloter, c’est d’abord connaitre

L’acquisition de données pertinentes est indispensable. Le projet ABC’Terre soutenu par le programme REACCTIF et dont les travaux se prolongent dans GRAINE, développe une démarche prototype intégrant l’évolution du stock de carbone et des émissions de gaz à effet de serre des sols cultivés en lien avec les pratiques agricoles d’un territoire. Première étape du projet : élaborer des méthodes de calcul et d’évaluation en s’appuyant sur la connaissance des sols et de l’agriculture du territoire. Pour être utilisées par les acteurs de terrain, ces méthodes doivent être simples, automatiques sans pour autant dégrader leur qualité et transposables à des territoires différents. Pour cela, quatre territoires pilotes ont été sélectionnés (en Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine ; et Grand-Est). Une fois les données acquises, leur qualité intrinsèque ne suffit pas à les faire utiliser par les acteurs de terrain. Il est nécessaire d’éprouver en grandeur réelle les conditions de déploiement de la démarche auprès d’eux. La démarche de l’équipe des chercheurs repose en particulier sur la concertation entre acteurs locaux pour l’élaboration des plans d’action. Le modèle de diffusion visé pour la démarche ABC’Terre serait à moyen terme celui de CLIMAGRI.
 

Articuler les enjeux locaux

D’autres projets d’aide à la décision sont lauréats du premier appel GRAINE. BOAT par exemple jette les bases d’une approche systémique intégrée. Le projet vise à articuler la nature et les modalités de gestion et de valorisation de la biomasse d’origine agricole sur un territoire avec un exercice prospectif lié à la planification politique. Plusieurs disciplines scientifiques sont ainsi convoquées : l’écologie territoriale, l’évaluation environnementale et économique et les sciences agronomiques, pour dresser sur un territoire à la fois une caractérisation des biomasses d’origine agricole et filières associées, une mesure des empreintes énergétiques, environnementales et socio-économiques, et une prospective territoriale. L’enjeu du projet est de parvenir à combiner le suivi des flux de matière et d’énergie au suivi de flux économiques en associant les jeux d’acteurs et en évaluant les externalités, tant énergétique, qu’environnementale ou économique. La méthodologie sera mise en œuvre sur deux territoires infra-départementaux et les résultats devraient permettre d’accompagner les acteurs des deux territoires pour penser le devenir de la production et des usages de la biomasse d’origine agricole.
 

Participer à la transition énergétique

Si l’attention est portée à un essor raisonnable et équilibré de la bioéconomie, l’appel à projets de recherche GRAINE appelle également le monde de la recherche à proposer des modes de production ou des valorisations innovants concourant à la transition énergétique.
Historiquement, le programme BIP avait permis l’essor de matériaux et molécules biosourcés originaux. Le projet FLEXOFIB par exemple, porté par l’industriel Cooper Standard Automotive en partenariat avec la PME APM et l’Université de Bretagne a permis la mise au point d’un nouveau procédé pour réaliser un composé élastomère contenant 20 % en masse de fibres de chanvre. Grâce à la substitution d’une coulisse thermoplastique classique par une coulisse intégrant 20 % de fibres de chanvre et 10 % de poudrette de caoutchouc recyclé, les émissions de gaz à effet de serre sont réduites de 30 %. Outre ce gain environnemental direct, les performances techniques de ce nouveau composé s’avèrent supérieures sur certains points avec un effet positif sur l’allégement des véhicules et l’amortissement des vibrations, permettent de moindres consommations de carburants.

Des projets porteurs de nouvelles filières de valorisation de la biomasse participent aujourd’hui au programme GRAINE. Le projet BITUME 2.0 par exemple vise à transformer et/ou associer des ressources renouvelables à bas coût pour formuler un matériau dont les performances sont au moins équivalentes au bitume pétrolier. Il s’agit de valoriser des matières premières de recyclage issues de l’industrie agroalimentaire, ces ressources n’entrant pas en compétition avec l’alimentation. Les gains environnementaux attendus sont une économie de ressources fossiles et une baisse des gaz à effet de serre d’au moins 30 %. Une promesse intéressant quand des études menées par l’association des industries routières montrent que le bitume pèse pour 30 % sur l’empreinte carbone de la route.

Autre perspective remarquable, le projet PhytEO a pour objectif de proposer une nouvelle filière de valorisation non alimentaire de la biomasse végétale produite sur des sols agricoles contaminés par des éléments traces métalliques (ETM) sur le site atelier de Metaleurop. L’enjeu est de résoudre la problématique locale pour proposer une reconversion non alimentaire et pérenne de ces sols contaminés. En partenariat avec un industriel, société Ferrand PHE, le projet PHYTEO évaluera in situ l’intérêt de la production d’huiles essentielles (HE) extraites à partir de plantes à parfum aromatiques et médicinales (en l’occurrence l’angélique et la sauge) cultivées sur des parcelles contaminées à l’échelle de l’hectare. Cette filière de valorisation dispose de réelles perspectives de développement avec un élargissement constant du champ d’application de ces huiles essentielles : activités biologiques biocides (anti-bactériennes et anti-fongiques), anti-inflammatoires et anti-oxydantes, etc. Enfin cette recherche sera complétée par la proposition de filières de valorisation des résidus issus du procédé d’extraction des huiles essentielles en fonction de leur degré de contamination par les ETM (méthanisation, combustion) afin de proposer une solution de phytomanagement complète.