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Appel à projets GRAINE : construire les voies d’un développement durable de la bioéconomie

Mis à jour le 05/10/2017

La bioéconomie, c’est l’économie de la photosynthèse et plus largement du vivant. Elle se base sur la production, la mobilisation et la valorisation des biomasses dans le respect de ses capacités de renouvellement.
 

D’après la Stratégie nationale dont la France s’est dotée au début de l’année 2017, « la bioéconomie englobe l’ensemble des activités liées à la production, à l’utilisation et à la transformation de bioressources. Elles sont destinées à répondre de façon durable aux besoins alimentaires et à une partie des besoins matériaux et énergétiques de la société, et à lui fournir des services écosystémiques ».

Pour l’ADEME, le développement de la bioéconomie suppose de préserver les capacités de renouvellement de ces filières tout en s’adaptant au changement climatique d’une part, participer à la transition écologique et énergétique. Faisant suite aux programmes programmes REACCTIF, DOSTE, GESIPOL et BIP, l’appel à projets GRAINE dédié à la bioéconomie, génère une nouvelle dynamique et insuffle de nouvelles questions dynamiques.
 

Préserver la fertilité, les capacités de renouvellement des systèmes vivants

Les biomasses primaires, productions agricoles, forestières sont liées à la vitalité d’écosystèmes en lien avec leurs milieux. Ces équilibres sont fragiles et les signes de risques nouveaux ou aggravés notamment par le changement climatique sont dorénavant visibles : diminution de la fertilité des sols, manque d’eau, événements météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations, etc.).

Le programme REACCTIF a ainsi soutenu des recherches pour mieux connaitre le fonctionnement des systèmes vivants et pour préciser l’impact de l’agriculture et de la forêt sur le climat. Ces travaux ont notamment d’améliorer des méthodes d’évaluation des émissions de gaz à effet de serre, et d’identifier des pratiques et itinéraires techniques limitant les émissions (CO2, N2O, CH4) et favorisant la séquestration de carbone dans les sols et la biomasse.

Maintenir la fertilité des sols et des stocks de carbone importants, c’est d’abord « nourrir » le sol avec de la matière organique. Outre les apports directs par les végétaux, de nombreuses biomasses dites « secondaires » comme les déchets organiques, les coproduits… peuvent jouer ce rôle. Le programme de recherche DOSTE a repris dans la continuité de projets soutenus depuis plus de 20 ans des travaux sur des sites expérimentaux pour des essais agronomiques concernant le retour au sol des matières organiques résiduaires.
Par ailleurs, certaines activités humaines (activités industrielles, minières ou de service, extension urbaine, etc.) ont conduit à une dégradation des sols. Le programme de recherche GESIPOL a financé des travaux de recherche pour la réhabilitation de milieux pollués. La revalorisation de sols contaminés, plutôt que leur remédiation, permet de restaurer les fonctions du sol en tant que support de culture, réservoir de la biodiversité, production de biomasse non alimentaire, zone d’infiltration des eaux de ruissellement, etc.
 

Participer à la transition énergétique

L’ADEME est fortement impliquée et engagée pour accélérer la transition énergétique et écologique. Toutes les activités de la bioéconomie peuvent contribuer aux différents objectifs de cette transition, notamment :
 
  • diminution des émissions de gaz à effet de serre : baisser les émissions des secteurs dans leur ensemble, augmenter les stocks de carbone dans les sols (initiative 4 pour mille), etc. ;
  • développement des énergies renouvelables : développer les filières biogaz, bois-énergie et biocarburants, etc. ;
  • moindre dépendance aux énergies fossiles : remplacer les molécules ou les matériaux pétrosourcés par des biosourcés, etc. ;
  • économie circulaire : lutter contre le gaspillage alimentaire et valoriser les déchets organiques et les coproduits issus de l’agriculture, la forêt et les industries, etc.
Les programmes de recherche précités REACCTIF DOSTE et GESIPOL ont contribué à l’avancée des connaissances scientifiques et techniques au regard de ces enjeux. S’y ajoute le programme de recherche BIP qui a soutenu de très nombreux travaux de recherche pour une valorisation plus efficiente des bioressources, au travers de nouveaux débouchés et/ou de la substitution des ressources fossiles.

L’objectif de l’appel à projets GRAINE est d’aborder conjointement les questions de recherche associées aux précédents programmes. L’enjeu est notamment d’amplifier les synergies et de limiter les antagonismes, en vue de construire les voies d’un développement durable de la bioéconomie. Une attention particulière est aussi apportée aux innovations opérationnelles en lien avec les acteurs du terrain : l’ADEME souhaite, entre autres, se saisir, au travers d’approches de recherche-action, du lien entre le développement de la bioéconomie et des systèmes alimentaires durables.

Article par Frédérique Cadière, Chantal Derkenne, Thomas Eglin, Fabienne Miller et Céline Scheuer