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Présentation (suite)


Comment capter le biogaz ?

Dans un centre d’enfouissement technique :

Un centre d’enfouissement technique (ou décharge d’ordures ménagères) est géré aujourd’hui par casier successif, indépendants les uns des autres.

Chaque casier, une fois rempli, est fermé avec une couverture spécifique, composée :
. En surface : de terre permettant la revégétalisation,
. Dessous : d’une couche drainante permettant de collecter les eaux de ruissellement,
. Puis : d’une couche imperméable,
. Et enfin, au contact du massif de déchets : d’une couche drainante permettant de capter le biogaz produit par la dégradation des déchets.


Casier en cours d’exploitation
sur le site de Montech (82)

Casier réhabilité
sur le site de Montech (82)

Cette couche drainante est généralement composée d’un lit de graviers où circule un réseau de drains mis en dépression pour bien capter le biogaz ou bien encore de puits installés dans le massif de déchets au fur et à mesure de leur entassement.
Le biogaz est ensuite évacué par des tuyaux vers une plateforme de combustion (simple torchère) ou de valorisation.
La composition et la production de biogaz est contrôlée dans les deux cas.

La productivité en méthane est très variable. Elle dépend des caractéristiques des déchets enfouis, de la profondeur de l’alvéole, de son aération, de la hauteur d’eau dans la décharge, de la température, etc…
Les premières années qui suivent la fermeture du casier, le biogaz est produit de manière exponentielle, puis la production chute au bout d’une quinzaine d’années, en général, sur les centres français.

Réseau de captage
photo F.Dunouau/ ADEME

Dans une unité de méthanisation :

L’unité comporte en général un système de pré-traitement, permettant :
. de broyer et homogénéiser si nécessaire les différents types de matière organiques à traiter,
. d’ensemencer ce ‘substrat’ en le mélangeant avec du ‘digestat’ (le produit sortant) ré-introduit.

L’adjonction d’eau peut être nécessaire car le substrat doit être pâteux. C’est d’ailleurs pourquoi cette technique a longtemps été réservée aux boues ou effluents agricoles.

Le substrat est ensuite introduit dans le digesteur, sorte de silo où la dégradation s’opère.
Il y a plusieurs méthodes de méthanisation :
. par voie sèche ( 25 à 35% de matière sèche) ou humide (< 15% de matière sèche)
. méthode mésophile (à 35°C), ou thermophile (55°C) ; la seconde diminue le temps de séjour mais elle est plus délicate à conduire.

En sortie de digesteur, on trouve :
. Une unité de traitement du digestat, s’il doit être valorisé.
C’est le cas en général, en amendement organique, pour les espaces verts, l’horticulture…
. Une unité de traitement et valorisation du biogaz.
Une partie (15 à 25%) est utilisée pour le chauffage des digesteurs, voire pour les besoins en électricité du site. Le reste peut être valorisé pour produire de la chaleur, de l'électricité ou bien les deux, par co-génération.

La productivité en méthane est très variable :
. de 3 à 18 m3/t de boues pour les stations d’épuration (selon la teneur en matière sèche),
. de 50 à 90 m3 /t de déchets ménagers (selon leurs caractéristiques)


Comment valoriser le biogaz ?

Outre un usage direct en four de process, le biogaz peut être utilisé pour produire :
. de la chaleur (eau chaude, vapeur, air chaud)
. de l'électricité par le biais d’un moteur à gaz, d’une turbine à vapeur ou à gaz pour de grandes installations
. de la chaleur et de l’électricité par co-génération,
. du carburant pour véhicules,
. du froid par l’intermédiaire d’une machine à absorption à gaz,
. du gaz naturel injecté dans le réseau public


centre de Roche La Molière
crédit photo : satrod

De fait, il est principalement utilisé pour la production de chaleur et d’électricité.
La valorisation thermique ne peut se faire qu’à proximité immédiate du site de production.

A chaque type de biogaz correspond un pouvoir calorifique différent : un biogaz contenant 65% de méthane aura par exemple un pouvoir calorifique de 6,5 kWh/m3.
Ce niveau est suffisant pour la plupart des utilisations du gaz, que ce soit en chaudière, en four industriel, sur turbine… Mais des adaptations spécifiques sont généralement requises du fait de ses caractéristiques (pouvoir corrosif par exemple).

Dans tous les cas, le biogaz doit être épuré pour enlever, a minima, l’eau et le soufre.
Pour l’injecter sur le réseau gaz, faire de l’électricité ou du carburant, il faudra affiner le traitement.
En outre, le biogaz de décharge a la particularité de contenir de l’air car les systèmes de captage de gaz ne sont pas conçus pour éviter les entrées d’air dans le réseau. Pour qu’il soit valorisé, son épuration doit être renforcée.

Comme pour les autres sources alternatives de production décentralisée d’électricité, EDF
( http://www.edf.fr ) a l’obligation, depuis février 2000, de racheter l’électricité produite par les installations de méthanisation et celles utilisant du biogaz de décharge (tarifs de rachat fixés respectivement par les arrêtés du 05/03/02 et 21/11/01).

Quelques exemples de rendements de conversion (énergie finale utilisable / énergie primaire consommée) :

Type de valorisation
Rendements de conversion instantanés
Electricité seule (moteur à gaz)
Chaleur
Cogénération
Conversion en gaz naturel
Gaz carburant
30 à 35 %
80 à 90 %
70 à 90 %
85 %
80 %

Pour en savoir plus…

http://www.ATEE.fr

Vous avez un projet ?

En premier lieu, déterminez l’objectif principal recherché.

En effet, un compromis doit être trouvé pour chaque installation entre :
- Traiter un effluent, un déchet
- Produire de l’énergie
- Produire un amendement organique

Les exigences en terme de qualité et les rendements de production seront différents selon l’objectif premier retenu.


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