- Structures chimiques des
POPs considérés par le protocole d'Aarhus et la convention
de Stockholm
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Famille |
Formule générique |
Exemple |
| Dioxines |
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2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine
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| Furannes |
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2,3,7,8-tétrachlorodibenzofuranne |
| PCBs |
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3,3,4,4'-tétrachlorobiphényle |
| HCH |

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| HCB |
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- Impacts
Les POPs se caractérisent expérimentalement par des
effets toxiques à long terme très variés, apparaissant
à des doses très faibles. Les congénères
à structure coplanaire, surtout les dérivés tétrachlorés
(TCDD, TCDF, TCB) sont généralement les plus toxiques,
en relation notamment avec leur affinité pour le récepteur
Ah. Le caractère indispensable de ce récepteur dans
la médiation de certains effets des POPs est désormais
bien acquis. En son absence, on n’observe pas les manifestations
classiquement décrites (hépatotoxicité, cancers,
malformations).
Les principales manifestations de cette toxicité expérimentale
à long terme sont les suivantes :
- Introduction d'enzymes hépatiques détoxifiantes,
de type mono-oxygénases, à cytochrome P450, qui pourraient
intervenir dans divers phénomènes toxiques et surtout
dans l'activation métaboliques d'autres xénobiotiques
toxiques. Il est bien établi que les mono oxygénases
produisent des espèces réactives de l’oxygène
responsables d’un stress oxydant. Ces composés oxygénés
sont très réactifs et peuvent provoquer des lésions
de l’ADN, des altérations des protéines et des
modifications au niveau des lipides.
- Organotoxicité, notamment au niveau du foie (hépatotoxicité)
et de la peau (chloracné).
- Toxicité pour la reproduction et le développement,
malformation de fœtus (tératogenèse), fœtotoxicité,
baisse de la fertilité, stérilité masculine.
- Effets sur les systèmes hormonaux, en particulier sur les
hormones sexuelles : les POPs font partie des "perturbateurs
endocriniens", dont l'importance fait actuellement l'objet de
nombreuses recherches tant chez les animaux que pour leur impact sur
la santé humaine. Le concept de la perturbation endocrine consiste
en l’exposition à des molécules capables d’imiter
ou de bloquer les hormones naturelles pendant des étapes cruciales
de la vie in utero et du développement. Cela peut conduire
à des troubles de la physiologie hormonale. Les POPs entraînent
des troubles endocriniens (anti-œstrogène) qui peuvent
être surtout dangereux pour le fœtus et le nouveau-né
pendant la période critique de leur développement.
- Effets sur les fonctions immunitaires. Cette immunotoxicité,
se traduisant par une dépression des réponses immunitaires,
ce qui peut favoriser l'incidence d'infections bactériennes,
virales, parasitaires ou de certains cancers.
- Effets neurotoxiques, notamment chez les jeunes animaux.
- Cancérogenèse in vivo, mais pas de pouvoir
mutagène in vitro. Les POPs notamment la 2,3,7,8,-TCDD,
sont de ce fait considérés en règle générale
comme des agents cancérogènes "promoteurs"
(favorisant la multiplication cellulaire) et non génotoxiques
directs. Ceci constitue un point important pour l'évaluation
des risques puisque une approche "dose sans effet" peut
être adoptée dans ce cas.
- Au total, les POPs, notamment les PCDD/F, présentent une
toxicité marquée chez les animaux d'expérimentation.
Toutefois, des différences très importantes de sensibilité
ont été observées, en fonction des dérivés
étudiés et des animaux (espèces, lignée,
âge…) surtout au niveau de la toxicité aiguë.
Les POPs sont responsables d'une grande variété d'effets
aigus, subaigus et chroniques chez l'animal. En particulier, la 2,3,7,8-TCDD
est un cancérogène puissant dans les espèces ayant
fait l'objet d'une expérimentation. Le Centre International de
Recherche contre le cancer (CIRC) a classé la 2,3,7,8-TCDD comme
cancérogène certain pour l'homme. En revanche, cette institution
a jugé ne pas disposer d'éléments suffisants pour
caractériser le potentiel cancérogène des autres
molécules de la même famille. Le CIRC révèle
aussi que le pouvoir cancérogène de la 2,3,7,8-TCDD est
relativement limité puisque sa démonstration a été
acquise pour l'essentiel sur des groupes de travailleurs de l'industrie
chimique très fortement exposés (500 à 1 000 fois
plus que la population générale) chez lesquels le risque
relatif de cancer n'excède pas 1,4. En revanche, si certains
effets subaigus, en particulier la chloracné, sont démontrés
chez l'homme, on ne saurait en dire autrement de la tétratogénicité.
On ne peut pour autant écarter totalement l'existence d'un tel
effet, mais qui serait alors très faible.
D'après (L'incinération des déchets et la
santé publique : bilan des connaissances récentes et évaluation
du risque – SFSP – 1999)
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