Fiche polluant  

Polluants Organiques Persistants (POPs)
Date d'actualisation : novembre 2004
  • Structures chimiques des POPs considérés par le protocole d'Aarhus et la convention de Stockholm
Famille
Formule générique
Exemple
Dioxines

2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine
Furannes

2,3,7,8-tétrachlorodibenzofuranne
PCBs

3,3,4,4'-tétrachlorobiphényle
HCH

HCB

 

HAPs
Benzo(a)anthracène

Dibenz(a,h)anthracène
Benzo(k)fluoranthène Benzo(g,h,i)perylène
Benzo(b)fluoranthène Indéno(1,2,3-c,d)pyrène
Benzo(a)pyrène Fluoranthène
  • Impacts

    Les POPs se caractérisent expérimentalement par des effets toxiques à long terme très variés, apparaissant à des doses très faibles. Les congénères à structure coplanaire, surtout les dérivés tétrachlorés (TCDD, TCDF, TCB) sont généralement les plus toxiques, en relation notamment avec leur affinité pour le récepteur Ah. Le caractère indispensable de ce récepteur dans la médiation de certains effets des POPs est désormais bien acquis. En son absence, on n’observe pas les manifestations classiquement décrites (hépatotoxicité, cancers, malformations).

    Les principales manifestations de cette toxicité expérimentale à long terme sont les suivantes :

- Introduction d'enzymes hépatiques détoxifiantes, de type mono-oxygénases, à cytochrome P450, qui pourraient intervenir dans divers phénomènes toxiques et surtout dans l'activation métaboliques d'autres xénobiotiques toxiques. Il est bien établi que les mono oxygénases produisent des espèces réactives de l’oxygène responsables d’un stress oxydant. Ces composés oxygénés sont très réactifs et peuvent provoquer des lésions de l’ADN, des altérations des protéines et des modifications au niveau des lipides.
- Organotoxicité, notamment au niveau du foie (hépatotoxicité) et de la peau (chloracné).
- Toxicité pour la reproduction et le développement, malformation de fœtus (tératogenèse), fœtotoxicité, baisse de la fertilité, stérilité masculine.
- Effets sur les systèmes hormonaux, en particulier sur les hormones sexuelles : les POPs font partie des "perturbateurs endocriniens", dont l'importance fait actuellement l'objet de nombreuses recherches tant chez les animaux que pour leur impact sur la santé humaine. Le concept de la perturbation endocrine consiste en l’exposition à des molécules capables d’imiter ou de bloquer les hormones naturelles pendant des étapes cruciales de la vie in utero et du développement. Cela peut conduire à des troubles de la physiologie hormonale. Les POPs entraînent des troubles endocriniens (anti-œstrogène) qui peuvent être surtout dangereux pour le fœtus et le nouveau-né pendant la période critique de leur développement.
- Effets sur les fonctions immunitaires. Cette immunotoxicité, se traduisant par une dépression des réponses immunitaires, ce qui peut favoriser l'incidence d'infections bactériennes, virales, parasitaires ou de certains cancers.
- Effets neurotoxiques, notamment chez les jeunes animaux.
- Cancérogenèse in vivo, mais pas de pouvoir mutagène in vitro. Les POPs notamment la 2,3,7,8,-TCDD, sont de ce fait considérés en règle générale comme des agents cancérogènes "promoteurs" (favorisant la multiplication cellulaire) et non génotoxiques directs. Ceci constitue un point important pour l'évaluation des risques puisque une approche "dose sans effet" peut être adoptée dans ce cas.
- Au total, les POPs, notamment les PCDD/F, présentent une toxicité marquée chez les animaux d'expérimentation. Toutefois, des différences très importantes de sensibilité ont été observées, en fonction des dérivés étudiés et des animaux (espèces, lignée, âge…) surtout au niveau de la toxicité aiguë.

Les POPs sont responsables d'une grande variété d'effets aigus, subaigus et chroniques chez l'animal. En particulier, la 2,3,7,8-TCDD est un cancérogène puissant dans les espèces ayant fait l'objet d'une expérimentation. Le Centre International de Recherche contre le cancer (CIRC) a classé la 2,3,7,8-TCDD comme cancérogène certain pour l'homme. En revanche, cette institution a jugé ne pas disposer d'éléments suffisants pour caractériser le potentiel cancérogène des autres molécules de la même famille. Le CIRC révèle aussi que le pouvoir cancérogène de la 2,3,7,8-TCDD est relativement limité puisque sa démonstration a été acquise pour l'essentiel sur des groupes de travailleurs de l'industrie chimique très fortement exposés (500 à 1 000 fois plus que la population générale) chez lesquels le risque relatif de cancer n'excède pas 1,4. En revanche, si certains effets subaigus, en particulier la chloracné, sont démontrés chez l'homme, on ne saurait en dire autrement de la tétratogénicité. On ne peut pour autant écarter totalement l'existence d'un tel effet, mais qui serait alors très faible.

D'après (L'incinération des déchets et la santé publique : bilan des connaissances récentes et évaluation du risque – SFSP – 1999)

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